Affichage des articles dont le libellé est Australie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Australie. Afficher tous les articles

Je ne suis qu'un mouton

Avant de partir en Australie, il était clair que je ne ferai pas comme tout le monde.
Non, je n'irai pas à Sydney pour le feu d'artifice. Non, je ne serai pas comme tous les backpackers qui migrent en masse à cette époque de l'année. Je pensais me contenter d'une fête toute simple les pieds dans le sable dans n'importe quelle petite ville du pays.

Sauf que parfois on est amenés à faire des concessions.

Puis, vivre le firework de Sydney, ça doit certainement figurer sur une quelconque liste de choses à faire dans sa vie avant de mourir...

Bref, j'ai fait le mouton.
J'ai patienté presque sept heures aux côté de milliers millions d'australiens pour assister à cet événement mondial...

Une épreuve de patience, il faut bien l'avouer.
Jamais je n'ai attendu aussi longtemps pour quoique ce soit. (Il y a bien cette fois où avec une autre folle de mon espèce, on avait fait le pied de grue près de 6 heures au soleil pour croiser Monsieur Tarantino et lui crier notre Amour, mais bon... c'est une autre histoire...)

A minuit, le spectacle commence.

Ça pète dans tous les sens, depuis l'Harbour Bridge, de l'autre côté, je ne sais plus où donner de la tête. La foule s'extasie en poussant des oh ! Et des ah ! Alors, oui c'est beau ! C'est grand ! C'est impressionnant ! Mais en 10 minutes à peine, c'est bouclé...

Petite pointe de déception.
Quentin Tarantino, lui, était resté plus de 10 minutes... Ahem...

Allez, une chose en moins à faire avant de mourir !


Happy New Year !




Les androïdes rêvent-ils de cerises électriques ?

1er janvier.
Le temps de se remettre de la soirée du New Year Eve et de prendre mes bonnes résolutions pour la nouvelle Année et nous revoilà sur la route, bien déterminées à trouver du travail.

On évite les grandes exploitations agricoles prisées par les backpackers, et on pousse notre van un peu plus loin dans les terres. On s'arrête à Batlow, toute petite ville réputée pour ses nombreux vergers de pommes. On part à la pêche aux informations et aux contacts pour finalement apprendre que la récolte des pommes ne commencera que fin février.
Sur la route, des petites échoppes provisoires vendent des berries et des cherries au kilo, en confiture et même en tartes – qui ont l'air délicieuses soit dit en passant. On décide de tenter notre chance.

Premier arrêt, la chance nous sourit. Le bonhomme nous propose de commencer dès le lendemain matin pour quelques jours d'essai.

Au programme : tri de cerises avant expédition des cartons.
L'entrepôt gère toutes les cerises de la vallée et il y a du travail pour quelques semaines. Ou comment toquer au bon endroit, au bon moment !
Au bout de deux jours, on est embauchées. Bien payées, en toute légalité, dans une équipe constituée uniquement d'australiens, par un patron sympa et honnête. La roue tourne enfin !

Les journées se suivent et se ressemblent, et la cagnotte se renfloue. On retrouve une petite routine, rassurante et éphémère, qu'on apprécie chaque matin en se levant.

Sur les tapis roulants, les yeux traquent les moindres imperfections sur les cerises, les doigts obéissent et trient automatiquement les fruits tandis que mon esprit, vagabond et intenable, s'aventure déjà vers de longues routes bitumées, au bout desquelles s'élèvent un éventuel Océan Indien, des destinations aux consonances aborigènes, et quelques contrées un peu plus lointaines...

Un seul élément peut enrayer la mécanique : la pluie, imprévisible, qui peut stopper les récoltes à tout moment. Et qui nous ferait alors revoir nos plans pour la suite...

Adelaïde et les Flinders Range

On pourrait se satisfaire de la plage et des balades sur la côte à longueur de journées, mais vient quand même le temps d'aller voir à quoi ressemble Adélaïde, capitale du South Australia.

On rapproche le van à Glenelg, autre station balnéaire toute proche de la ville d'où on peut prendre le tram. Un bon point pour commencer, j'ai toujours un coup de cœur pour les villes qui possèdent un tram. Et encore davantage quand elles prennent aussi soin de leurs cyclistes, ce qui est la cas ici avec de nombreuses pistes cyclables. Des vélos dans tous les sens, dans toutes les rues, se partageant la chaussée avec les voitures...

Dans le tram, rencontre sympa avec David, qui passe le trajet à me raconter sa vie et qui fait un boulot assez original : nourrir les requins avant que les touristes ne plongent dans des cages pour les voir et vivre quelques minutes de frisson ! On papote de l'Australie, de mon voyage, puis de la France, du Tour de France... Il insiste pour que je passe le voir là où il bosse, à Port Lincoln. Hélas, ce n'est pas sur notre route...

En tout cas, ce n'est pas le premier ici à venir taper la causette, juste comme ça, et ça ne sera pas le dernier. Ici plus qu'ailleurs, je suis complètement sous le charme de leur simplicité et de leur facilité de contact ! Des rencontres de passage qui embellissent une journée !

Une fois arrivées à Adélaïde, on vise dans un premier temps Haigh's, une chocolaterie renommée qui propose des visites guidées de leur usine de fabrication et des dégustations. Hélas, les tours sont complets pour toute la journée et même pour le lendemain ! Il faut vraiment réserver à l'avance... On repart un peu déçues, on se voyait déjà comme Charlie dans sa chocolaterie !

On traverse les nombreux parcs qui forment une ceinture de verdure autour de la ville et on tombe sur l'un d'entre eux qui sort du lot, les Himeji Gardens, un jardin japonais, bulle de fraicheur et de sérénité dans la chaleur étouffante.



On se réfugie dans la fraicheur du Central Market, un grand marché couvert qui regorge de fruits et de légumes. Juste à côté se trouve un grand food-court où j'aurais beaucoup de mal à me décider tant le choix en plats asiatiques est impressionnant. Ça sera finalement un curry de crevettes, un régal ! Bon, pas très cher et en quantité raisonnable, si bien que j'ai du mal à finir mon assiette !

L'après-midi, direction le Tandanya, National Aboriginal Cultural Institute qui propose une galerie en accès libre (donations bienvenues) et un magasin d'artisanat. L'exposition en cours retrace l'histoire de la communauté aborigène, depuis l'arrivée des colons jusqu'à leur lutte pour obtenir les mêmes droits que les Blancs. La rétrospective est passionnante et vraiment enrichissante ! Les témoignages et les photos racontent leur histoire, tragique, injuste et poignante, et j'en ressors un peu chamboulée.

On décide de poursuivre cet après midi culturel au South Australian Museum où il faudrait pouvoir étaler la visite sur plusieurs jours tant il y a de choses à voir. On se focalise à nouveau sur l'étage consacré aux aborigènes, on remonte dans le temps en découvrant les premiers boomerangs, leur façons de vivre, de chasser, de se divertir... bref, une plongée intéressante dans la culture aborigène. Hélas notre exploration se termine plus vite que prévue à la fermeture du musée et le gardien est obligé de nous presser vers la sortie...

On termine notre escapade en se promenant dans les ruelles animées du centre. Les immeubles sont de taille humaine, il y a peu de grands buildings comme à Melbourne, la ville fait presque grande bourgade. Restos, cafés se multiplient entre deux fresques taggées par des artistes... il y a une atmosphère un peu bohème dans cette ville qui me plait bien...

Puis il est déjà temps de rentrer, on reprend le tram vers Glenelg, dont on fait le tour rapidement. Le soir, on teste la pâte à pancakes en poudre. On rajoute de l'eau dans le flacon, on secoue, et hop ! La pâte est prête ! Et on s'offre le luxe de se faire des crêpes au chocolat ! Le comble, c'est que c'est plutôt bon !

26 janvier, Australian Day.
Depuis quelques jours, les drapeaux australiens sont de sortie. On en voit partout où qu'on aille, sur les voitures, dans les jardins. Les australiens célèbrent ce jour-là leur fête nationale, l'arrivée des premiers colons. Un élan patriotique qui me laisse un sentiment partagé après ce que nous avons appris de la culture aborigène et en sachant, que certains de leur communauté fêtent aujourd'hui le « Survival Day »

Au bout de plusieurs jours à profiter de notre coin tranquille, un matin on reçoit la visite d'une ranger qui s'excuse presque de nous déranger. Elle nous explique que le camping sauvage est interdit ici et que quelqu'un nous a dénoncé. Elle nous conseille de trouver un coin plus dans les terres où elle ne pourra pas nous trouver. Elle s'excuse encore de ne faire que son boulot et nous souhaite une bonne journée. On évite ainsi une belle amende mais on reste surprises de s'être fait dénoncées alors qu'on ne dérangeait personne. On prend ça comme un signe du destin et on décide de boucler nos derniers préparatifs en dormant encore deux nuits à Seaford, la petite ville d'à-côté, avant de reprendre la route.

Pour une petite ville balnéaire, Seaford a tout pour plaire, et surtout une superbe bibliothèque climatisée. On passe donc nos derniers jours à squatter le wi-fi de la bibliothèque tout en profitant des rayons bien remplis des lieux. Il y a même un coin canapé avec consoles et jeux vidéo en libre accès ! Je veux la même chose en France !

Un passage chez le garagiste pour notre maison-sur-roues afin de s'assurer qu'elle peut encore nous mener sans souci pour un bout de temps et on reprend la route pour de bon, direction le nord d'Adélaïde : les Flinders Range.

Ce national park est aux portes de l'outback et on ressent rapidement le changement de décor. La terre se fait plus rouge, les températures augmentent. Les paysages se résument à des palettes de bleu, vert et rouge...


Arrivées sur place, on apprend qu'à cause de la chaleur, plus de 40°, la plupart des randonnées sont fermées. Il n'en reste qu'une seule accessible.

On arpente donc la seule piste ouverte, sous les eucalyptus, entourées d'une faune bruyante et bien présente malgré la chaleur. Des oiseaux aux chants puissants, des lézards, de drôles de reptiles, des kangaroos, des wallabies et même des chèvres !

Cette balade étant la seule accessible, on rencontre finalement pas mal de monde sur le chemin, et étonnamment, beaucoup de français !

La piste nous mène jusqu'à un panorama sur Wilpena Pound, vaste bassin de verdure au milieu des terres arides.

 Sur le chemin du retour, on s'arrête pour aller explorer des cavernes sur lesquelles des peintures aborigènes sont encore bien conservées. armées de nos filets anti-mouches et sous un soleil de plomb, on ne fera finalement que la "petite" balade de 1 km.

 



Puis retour à Port Augusta, avant d'entamer notre longue traversée du pays-continent dans le sens Sud-Nord !


Pour plus de photos : Adélaïde et les Flinders Range

La Grande Traversée

Après avoir potassé « le guide de survie dans l'outback », il est temps d'affronter ce grand inconnu, le Red Center du pays, le désert, l'outback, bref la Grande Traversée du pays dans le sens Sud-Nord.

Pour survivre à ces étendues immenses où il n'y a rien, on fait le plein d'eau potable, on remplit nos jerricanes de fuel, on fait le stock de nourriture et on garde nos filets anti-mouches sous la main.

Parce que si tu penses que c'est la chaleur qui peut te faire craquer dans le désert, détrompe-toi lecteur, ce sont les mouches ! Perfides et vicieuses, elles te tournent autour par dizaines - centaines ? - se collent sur tes lèvres, paupières, narines à la recherche de la moindre gouttelette d'humidité. Voilà ce qui peut faire craquer le plus grand des explorateurs au milieu de rien !

Bref.
Parfois on se fait une montagne de pas grand chose. A vrai dire, il n'y a rien d'insurmontable dans cette traversée. La chaleur, intenable, certes, mais surtout de longues routes monotones. Sur la carte, les villes sont espacées de quelques centaines de kilomètres. En réalité, ce ne sont même pas des villes, mais de simples roadhouses, des stations-essence qui regroupent tous les services : petit resto pour routiers, épicerie, garagiste et la plupart du temps motel ou caravan park. Seuls contacts humains au milieu de nulle part.

On croise nos premiers road-trains, ces énormes camions qui tirent trois, quatre, cinq remorques et qui roulent à toute allure. Toujours très impressionnants quand ils te doublent, il est même conseillé de se rabattre doucement sur le bas côté pour les laisser passer !


Premiers rituels aussi, l'index levé sur le volant pour saluer un van ou un camping-car. Signe de reconnaissance entre routards.

La prochaine vraie ville est Coober Peddy, ville minière.


La curiosité de Coober Peddy, ce sont ses maisons troglodytes, creusées dans la roche ou sous terre à l'époque des premiers mineurs pour épargner à leur famille la chaleur intenable du désert. Quand on sait qu'elle peut monter jusqu'à 50°, on comprend mieux l'intérêt de ces maisons. Aujourd'hui, les habitants actuels vivent dans de vraies maisons mais on peut encore visiter les anciennes et même une église creusée à même ma roche. Quand on quitte la ville il est presque 20h et la température indique 40°...


C'est une chose d'arriver à supporter cette chaleur étouffante en conduisant toute la journée, mais on espère secrètement que la température va baisser de quelques degrés pendant la nuit nous donnant ainsi quelques heures de répit. Et puis quoi encore ? Tu rêves ! Le vent reste aussi brûlant et j'ai l'impression que la température ne baisse pas d'un degré. Sur l'aire de repos, on laisse le van grand ouvert et on s'installe dans nos chaises de camping pour observer les étoiles. Une voûte céleste qui s'étend à perte de vue et aucune lumière pour la polluer. C'est fou comme le ciel semble différent ici. Immense et infini. Tout est plus beau dans ce ciel.

Puis la fatigue me rattrape mais impossible de dormir par cette chaleur. Quand j'arrive enfin à m'assoupir, MT me réveille brusquement, il y a un animal qui tourne autour du van ! Inutile de dire qu'on a bien flippé, seules au milieu de rien avec des bruits inconnus... La nuit a été courte...

On reprend la route au lever du soleil pour profiter de la fraicheur (ahem...) matinale.
On arrive à Yulara, seule ville près du site sacré d'Uluru. Ici, interdit de faire du camping sauvage. C'est ainsi qu'au milieu du désert s'élève un grand complexe hôtelier, avec hôtels de luxe pour touristes fortunés, motels pour baroudeurs et camping pour fauchés (que nous sommes). Bien évidemment, au milieu de rien et avec un tel monopole, les prix sont exorbitants. On paye l'emplacement du camping, sans électricité, 17 dollars par personne ! 17 dollars, juste pour dormir dans son propre van, en toute légalité. On profite au moins de la douche, mais l'eau est tiède, presque chaude...

A la réception, on apprend qu'il y a une alerte aux températures élevées, plus de 46°. La plupart des marches sont fermées et il est fortement conseillé de se trimballer avec plusieurs litres d'eau (chaude la plupart du temps, l'impression de boire du thé... sans thé)

On se réfugie dans le centre des visiteurs du parc (climatisé !) où on profite des explications sur l'histoire aborigène et leurs façons de vivre.

Quand l'heure du coucher de soleil approche, on se dirige vers Uluru. Malgré la chaleur, les touristes sont au rendez-vous et chacun a son appareil photo braqué sur cet immense rocher rouge. Contrairement aux Blue Mountains et à la Great Ocean Road, l'aspect touristique ne m'enlève pas le plaisir et la magie du moment. Je crois que ni les photos, ni les mots ne peuvent décrire le spectacle vécu. Les aborigènes le considèrent comme un lieu sacré, imprégné d'un esprit puissant. Face à cette immensité, on se sent minuscule et insignifiant, et surtout on prend conscience de la beauté et des mystères de la nature.

On passe la nuit au camping où on arrive à fermer l'œil quelques heures. On se lève le lendemain à 5h pour voir cette fois le lever du soleil sur Uluru. Et c'est le moment que j'ai préféré. Observer le passage de la pénombre à la lumière, scruter les premiers rayons qui viennent caresser la masse rouge imposante, voir les ombres s'étirer et révéler les crevasses sur le rocher. Uluru semble s'éveiller et les couleurs sont magnifiques. Plus douces que le rouge mordant de la veille.



A 7h il fait déjà chaud – plus de 30° - et on préfère faire le tour du rocher en van et de s'arrêter aux principaux lookouts. Contrairement à ce qu'on croit, la base du rocher est tapissée d'une végétation luxuriante. Et encore une fois, alors que de loin, il semble lisse jusqu'à la base, les cavités sont en réalité nombreuses autour du rocher. Sur l'un des flancs des crétins inconscients entament l'ascension d'Uluru. Les aborigènes déconseillent vivement d'escalader ce site sacré, non seulement par respect envers leurs croyances et pour préserver le site naturel mais aussi parce qu'il y a régulièrement des personnes qui meurent pour avoir sur-estimé leurs capacités physiques ! Je reste perplexe face au spectacle. Comment peut-on venir jusqu'ici, dans ce lieu sacré, écouter les croyances aborigènes et choisir délibérément d'aller à l'encontre de ce qu'ils demandent et de piétiner Uluru ?

Un peu plus loin s'élèvent les Kata Tjuta. Il paraît que les balades dans les gorges sont superbes. Hélas, avec la chaleur toute marche devient compliquée. Le moindre effort demande de boire beaucoup d'eau et devient vite épuisant. On se contentera des simples lookouts.


En fin de matinée, on reprend la route vers Alice Springs où une pluie bienvenue nous accueille. On se paye le luxe d'un motel avec deux éléments de grande importance : air conditionné et douche !
On fait un tour de la ville, mais elle n'a aucun charme. Dans les rues, beaucoup d'aborigènes errent le regard vide, sans rien faire. Ça fait vraiment mal au cœur de les voir comme ça et on comprend petit à petit que le « problème aborigène » comme ils disent ici est bien plus compliqué qu'il n'y paraît...

Impossible de trouver un accès wifi gratuit mais on renoue avec les infos à la télé et on apprend l'imminence d'un cyclone sur la côte Est... On espère que ça ne nous empêchera pas de continuer notre route vers le nord.

Au petit matin, on a tellement bien dormi qu'on ne veut plus repartir. On cède à un petit coup de folie et on décide de rester une nuit de plus. Après avoir négocié et joué du charme à la réception, j'obtiens notre seconde nuit à moitié prix ! Je me rends compte que le confort tout simple commence à me manquer : une douche fermée, une relative intimité, de l'espace, un lit rien que pour moi. La vie en van reste la clef de la liberté, mais parfois je ressens les limites et la fatigue du quotidien sur la route...

Entre Alice et Katherine, je suis assez surprise. Je pensais voir les mêmes paysages désertiques que jusqu'à présent, mais non, la végétation est abondante. Beaucoup de verdures, et de paysages magnifiques. Alors certes, il n'y a rien à voir. Mais question philosophique, le rien peut-il être magnifique ? Parce que c'est le cas. On roule sur des étendues où il n'y a rien, mais je trouve ça superbe. Les nuances de rouge ont laissé place à différents tons de verts et le ciel est toujours aussi bleu, toujours aussi grand et toujours aussi beau !



On s'arrête à nouveau régulièrement dans des roadhouses pour faire le plein et chacune à son originalité. Wycliffe Well et ses ovnis, le pub du Daly Waters et ses murs tapissés de tout et de rien...



On fait une pause pour se balader parmi les Devil's Marble, ses énormes rochers ronds posés l'air de rien, comme si des géants avaient laissé leur jeu de billes en plan. On se prend un orage sur la tête pendant notre petite balade, et le temps de rejoindre la van, nous voilà trempées jusqu'aux os.

Katherine. On ne reste pas longtemps. Les aborigènes errent dans les rues en criant, imbibés d'alcool et le regard vide. Pour la première fois, on ne sent pas tout à fait en sécurité et on ne s'éternise pas. On fait un crochet à Katherine Gorge puis en revenant on se renseigne sur la météo.

  

On apprend que des orages vont éclater dans deux jours et durer toute une semaine. Entre ça et le cyclone Yasi, on passe pour l'instant entre les mailles du filet mais pour combien de temps ?

On a lu sur quelques carnets de voyage que des voyageurs sont régulièrement bloqués sur le tronçon Katherine - Broome où les routes sont facilement inondables.
On entame alors une course contre la montre pour arriver à Broome avant les orages. On ne veut pas rester bloquées au milieu de rien avec un cyclone qui menace...

Je rassure les inquiets (et je spoile), on y a échappé (au cyclone, pas aux orages) !

En revanche, je pensais que le plus dur du voyage serait la traversée Sud-Nord, qu'une fois passé le « désert », je pourrais tout supporter. Je me trompais. Le pire était à venir...


Plus de photos ici et

La descente de la Côte Ouest

Le tronçon Katherine – Broome est pourtant le cadre de paysages encore une fois magnifiques. A mille lieues de ce que j'ai vu jusqu'ici et étonnamment verts ! D'imposantes formations rocheuses rouges s'élèvent au milieu de l'outback et ponctue notre longue route monotone. On ne prend pas le temps de s'arrêter – de toute façon, il n'y a rien à voir – mais surtout parce que derrière nous le ciel se fait noir et menaçant !

On pensait retrouver un peu de fraicheur après avoir quitté le désert, on se trompait. Au contraire, c'est même pire. Alors qu'au cœur du pays, l'air était sec et brûlant, ici il est lourd et humide. En journée, les températures avoisinent encore les 40°. Les nuits sont insupportables, terriblement chaudes. Le soir venu, la température ne baisse pas et le van se transforme en hammam. Si l'on ouvre les portes du van, des nuées d'insectes et de mouches s'y engouffrent malgré notre moustiquaire. Le sommeil n'est absolument pas réparateur et le lendemain, il faut rejouer la même journée que la veille. La fatigue commence à peser sur le moral, et le manque de douche se fait plus pesant que jamais.

Après avoir roulé non-stop pendant deux jours, on atteint enfin Broome où la mission première est de trouver cette précieuse douche.

Mission accomplie à Cable Beach où on profite des douches publiques. Hélas, les orages ont fini par nous rattraper, et c'est sous la pluie qu'on observe l'une des plus belles plages d'Australie. 
 

On trouve un coin isolé pour y passer la nuit, mais on se fait réveiller à 6h par une ranger qui nous demande de quitter les lieux. Ce n'est pas encore cette nuit qu'on rattrapera notre manque de sommeil...

On espérait rester sur Broome quelques jours pour se requinquer mais la pluie s'est intensifiée et des orages sont prévus pour durer toute la semaine. Je ne vous cache pas que la vie dans un van quand il pleut, ça devient très vite un cauchemar !

On décide donc de reprendre la route et de rouler jusqu'à rencontrer M. Soleil.

Finalement, les orages ne faiblissent pas et c'est sous des trombes d'eau qu'on poursuit notre descente de la tant désirée Côte Ouest. Je n'y vois pas à dix mètres, par endroits la route est inondée et il faut passer au pas en faisant gaffe que Dobby ne boive pas la tasse. Angoisse assurée !

La pluie – que dis-je les torrents d'eau – n'en finit pas de tomber les jours suivants et c'est la mort dans l'âme qu'on dépasse le Ningaloo Marine Park qui faisait partie des incontournables que je voulais faire... On ne fait pas non plus de détours vers les plages paradisiaques annoncées par le Lonely. MT est de plus en plus fauchée et refuse tout détour 'inutile'.

Ces dernières concessions pèsent un peu plus dans la balance et mon moral est au plus bas. Dans le van, l'humeur s'assombrit au fil des jours et j'ai de plus en plus de mal à être positive pour deux.

On finit par laisser la zone orageuse derrière nous et on peut enfin s'aventurer sur des plages de sable blanc, paradisiaques à souhait. Seulement le cœur n'y est pas.




J'arrive à gagner un détour vers les Pinnacles, ce désert coincé entre l'outback et l'océan où d'étranges formes s'élèvent du sable... La nature se livre en spectacle et laisse planer le mystère de ces curiosités...
 


On se pose enfin à Geraldton, petite station balnéaire fréquentée par les véliplanchistes et les kite-surfeurs. En étant un peu trop curieuse, je réussis à ensabler le van – sur une plage paradisiaque, mais sur le coup, c'était bien le cadet de mes soucis. Jamais deux sans trois dit-on, j'espère bien que c'était la dernière fois ! Comme à chaque fois, ces amours d'australiens accourent pour prêter main forte, et cette fois c'est un français – adorable – qui nous sort du pétrin du sable. On ira finalement poser le van plus loin, sur la terre ferme et passer quelques jours ici...





Si le soleil est de retour, le moral n'est pas forcément au beau fixe. Mon esprit est ailleurs. Je regrette de plus en plus le temps où je n'avais à penser qu'à moi... Je sens que mon voyage m'échappe, que je n'y trouve plus de plaisir et surtout que je ne mets plus en application toutes les bonnes résolutions que j'ai prises ici. J'ai envie d'être à nouveau en phase avec ce que je veux faire et veux être. Bref être moi-même, et j'ai l'impression de ne plus l'être depuis quelques temps.

A l'heure actuelle, je n'ai qu'une envie : arriver à Perth, notre ville d'arrivée, vendre le van et entamer un nouveau chapitre.



Interlude

Voilà un peu plus de deux semaines qu'on est arrivées dans les environs de Perth dans l'objectif  de vendre le van. Et il faut le reconnaître, le pincement au cœur est tout de même là. J'ai beau savoir que c'est pour mieux avancer et continuer de nouvelles aventures, se séparer de sa maison depuis trois mois a quelque chose d'étrange...

Les jours s'égrènent et on se remémore les temps forts de notre road-trip. Les galères et les moments de doute se sont effacés pour laisser place à des images foisonnantes de couleurs, à des couchers de soleil mémorables, à des rencontres marquantes...

On prend du recul sur le chemin parcouru, aussi bien en nombre de kilomètres qu'en apprentissage sur soi. On se rend compte qu'on vient de vivre pendant quelques mois l'un des plus grands fantasmes de tout voyageur ici en Australie : la vie de bohème, la liberté au jour le jour...

On fait remonter les souvenirs à la surface, l'impression d'avoir vécu une belle expérience, d'en sortir grandies. D'être une éponge qui a retenue tant de choses de ce périple...

Mais avant d'écrire une nouvelle page, il faut bien terminer ce chapitre, et la vente du van n'est pas aussi facile qu'on l'espérait. A Perth, le marché est saturé de vans à vendre, les acheteurs sont rares, pointilleux et exigeants. On range au placard les derniers restes de la vie de bohème et on se confronte à la réalité de l'offre et de la demande.

Les visites se suivent et nous offrent quelques moments mémorables...

Deux grands gaillards s'apprêtant à partir en road-trip :

- Il a la clim ?
- Non...
- La direction assistée ?
- Non plus...
- Et la douche solaire, vous la mettez où ?
- La quoi ?

On se rend compte que la vie sur la route, le manque de confort et le camping sauvage presque tous les soirs ne sont pas forcément à la portée de tous. Et c'est non sans fierté que je m'apprête à tourner cette page de mon voyage.
Vient enfin le jour où le van trouve acheteurs. 
MT repart pour la France. Et me revoilà piétonne !
Avoir sa vie dans un sac à dos. Reprendre les vieilles habitudes. Avoir mille envies à la seconde et ne pas savoir par où commencer.
Se poser peut-être. Se reposer. Apprécier un lit. Se remettre à bavarder avec un inconnu croisé dans la rue ou dans le bus. Se remettre à marcher. Arpenter les rues. Se perdre volontairement dans une nouvelle ville. 

L'inconnu se dresse devant moi et me tend les bras. Si angoissant en France, ici synonyme d'excitation et de nouveautés qu'il me tarde de découvrir.

Fin d'un chapitre. La page devant moi est blanche et il ne me reste plus qu'à l'écrire.

Premiers jours à Perth

En me retrouvant baroudeuse-piétonne du jour au lendemain, je pensais qu'il me faudrait un temps de transition, une pause pour m'habituer à ma nouvelle condition. Je pensais avoir des réflexes stupides comme me réveiller en me demandant où j'ai garé le van...

Et bien non. A croire que je suis dotée d'une certaine capacité d'adaptation, puisque je vis mon nouveau statut avec le même plaisir qu'au tout début de mon voyage – bon sang j'ai l'impression que ça fait des lustres !

S'il fallait titrer tout de suite mon nouveau chapitre, ça serait Pérégrinations urbaines. Se promener le nez en l'air, au hasard des rues, la map dans la poche et l'appareil photo prêt à être dégainé.

On pourrait croire qu'après tout ce temps dans le bush, loin des centres urbains et proche de la nature, j'aie du mal à mettre un pied en ville. Et je suis la première surprise : non, je ne suis pas devenue allergique aux grandes villes. A moins que ce soit Perth qui me séduise en particulier...

Perth. Isolée de tout, à plus de 3000 kms de la prochaine grande ville. Capitale du Western Australia. Grande ville donc, mais tellement agréable à parcourir. Aérée, animée, verte, culturelle...

Mercredi 2 mars.
Le premier jour, après avoir déposé mon sac à l'auberge, j'entreprends un tour de reconnaissance. Premier endroit à repérer : la bibliothèque, pour avoir accès à Internet.
Et là, chabadabada...
L'endroit est le cœur culturel de la ville. La library est superbe – oui, vous remarquerez que j'adore les bibliothèques – immense et lumineuse, réunissant en toute harmonie rangées d'ordinateurs et rayons de bouquins, coin lounge et expos photos... Et comme souvent ici, il y a des restos ou des cafés dans les bibliothèques et je trouve ce concept génial ! Dans celle-ci, il y a un petit café qui donne sur un plan d'eau. Je suis sous le charme ! C'est certain, ça va devenir mon QG !

Autour de la library s'élèvent l'Art Gallery, le Western Australia Museum, le Musée d'Art Moderne et le Pica (Art Contemporain). Pas loin se trouve le campus de l'Université. Entre deux bâtiments s'étend un verger où poussent de vrais légumes. De l'autre côté des sculptures abstraites s'élèvent entre deux plans d'eau.
Bref, ça bouillonne de culture et je me demande si une journée entière consacrée aux musées sera suffisante.

Je rejoins le centre-ville en passant par la gare centrale et je débouche sur une grande place, Forrest Place, entourée de boutiques et de cafés. Aux alentours, les ruelles commerçantes sont animées et les nombreuses échoppes sont de vraies tentations. De part et d'autres s'étendent des arcades, des rues couvertes et des food-court sans pour autant qu'on se sente oppressés.

Je marche un peu au hasard, appréciant le plaisir de me perdre volontairement et de suivre mes envies. Je jette de temps en temps un œil à la carte pour ne pas trop m'éloigner. J'ai encore mille choses à voir mais je commence à fatiguer et j'ai déjà marché beaucoup plus que ce que j'avais prévu.



Je retourne à mon QG - la bibliothèque, pour ceux qui ne suivent pas – et j'en profite pour faire l'expo photo qui s'y tient, une sélection des meilleurs clichés de presse élus cette année.

Alors que je pensais faire un rapide tour et passer l'après-midi à profiter du confort de l'auberge, je n'y rentre finalement que le soir pour passer une excellente première nuit dans mon lit douillet.

Jeudi 3 mars.
Je me rends tout naturellement au café de la library prendre mon petit dej' et cette fois je m'arme d'une carte et d'un itinéraire pour faire le tour de la ville.
 
Ici les gens – enfin les australiens des villes en tout cas – ne semblent pas prendre leur petit déjeuner chez eux. Ils prennent à emporter. Le fameux café Starbucks qu'on voit chez nous. Sauf qu'ici, tous les cafés le proposent. Le coffee to gotea ou hot chocolate pour moi. Et franchement, même si je préfère souvent être attablée, c'est quand même bien pratique ! En tout cas, ils sont en train de me convertir !

En parcourant la cité, je me rends compte que ce qui me plait, ce sont les grands espaces verts au cœur même de la ville, les grands arbres entre deux maisons, et surtout la Swan River à deux pas du CBD. C'est ce qui m'avait plu à Melbourne, c'est le même coup de cœur ici !

Perth, la ville des superlatifs. En plus d'être la capitale la plus isolée au monde, c'est aussi – parait-il – la plus ensoleillée d'Australie. Et les 30 – 35° quotidiens ne sont pas là pour le démentir. Ce qui induit surtout que ma balade est ponctuée de stops aux points ombragés et/ou d'arrêts boissons fraiches (qui sont une tuerie, mais j'y reviendrai)

Je décide donc de m'arrêter sur mon parcours dans la Cathédrale Ste Mary, mais je tombe en plein office, avec une église pleine d'écoliers. Je reste un moment par curiosité, avant de repartir.

Je descends enfin vers la Swan River qui baigne la ville de Perth. De loin, j'aperçois la Swan Bell Tower de cuivre et de verre qui s'élève sur les embarcadères et quand je m'en approche, un concert de cloches et de carillons s'en échappe. La Swan Bell Tower, « plus grand instrument de musique » clame le panneau à la porte. J'y entre, mais il faut payer pour monter jusqu'aux cloches, puis payer pour avoir droit à une démonstration. Je me suffis de la tour vue de l'extérieur que je trouve déjà belle rien que par son architecture.

Je continue à me promener sur les rives de la Swan River où je croise des pélicans et des cygnes noirs. Puis je mets le cap vers King's Park qui surplombe la ville.

Ce qui est sympa à Perth, c'est que les bus du centre-ville sont gratuits. Je pourrai donc en user et en abuser – ce que je fais de temps en temps – mais pour rejoindre le parc depuis les berges, je prends la résolution de marcher. Je parcours donc les quelques (!) kilomètres qui m'en séparent à pied, sous un soleil de plomb. J'arrive à me perdre (pour de bon cette fois) et à ne pas trouver l'entrée. Je fais un détour involontaire en empruntant un chemin pentu et horriblement aride (la partie qui recréé la flore du bush, me dira plus tard le gars du centre des visiteurs, pas très agréable à arpenter en cette saison (tu m'étonnes...) – et j'arrive – en état de déshydratation – dans le superbe King's Park.

Avant de profiter des vues imprenables sur la ville, je me pose sous un des nombreux arbres pour faire une sieste pique-niquer - et me ré-hydrater.
Une fois remise de mes émotions et laisser passer le pic de chaleur de la journée, je me remets en marche pour embrasser les vues de Perth. King's Park domine complètement la ville et les panoramas valent le déplacement.


Je me procure une carte du parc et je me rends compte que c'est immense ! Un après-midi ne suffira pas pour tout arpenter et je préfère me concentrer sur une petite partie (qui est déjà à elle seule immense) : le Botanic Garden.


 Chaque état de l'Australie est recréé avec des spécimens d'arbres et d'arbustes de chaque région. Je retrouve avec amusement des arbres que j'ai aperçus dans le bush lors de notre road-trip, et je peux enfin mettre des noms dessus. J'apprends également que tous les arbres que je prenais pour de simples eucalyptus ont en fait des noms bien à eux – Tarri, Tingles, Marri, Yarri, Tuart, Jarrag – selon les régions et la faune qu'ils abritent. Plus loin, une passerelle de verre et d'acier permet de marcher au-dessus des arbres.

 
Depuis un lookout, je repère en contre-bas une maison bleue posée au milieu de l'eau et je me mets en tête d'aller la voir de plus près. Je réussis à nouveau à faire un détour de quelques kilomètres au milieu de la végétation aride pour enfin y arriver.

Je n'en saurai pas plus. Aucune indication. Juste qu'elle est posée là, tout jolie. 


Je lève les yeux au loin et vois le CBD de Perth avec ses grands buildings qui s'élèvent pour chatouiller le ciel. Il me reste plus qu'à rebrousser chemin en longeant la Swan River.

Quand je rejoins le centre ville, je ne rêve que d'une chose : une boisson fraiche ! Après avoir testé leurs excellents jus de fruits frais, je découvre une nouvelle tuerie : le vrai Thé Glacé à la demande. C'est une chaine asiat' qui propose ça : choisir son thé (Green Tea ou Black Tea) et sa saveur (mangue, pêche, lychee, kiwi et toute une liste de fruits plus ou moins exotiques) et paf ! On a son Thé Glacé au goût de son choix avec du vrai thé ! Bref, j'adore et j'aurai jamais le temps de tout tester...

Pour ma première vraie journée à déambuler dans les rues de Perth, c'est le gros coup de cœur ! Je pensais ne rester que 3 jours, mais j'ai bien envie de prolonger mes pérégrinations urbaines et rallonger mon séjour de quelques jours...


Pour plus de photos : Perth

Perth, Fremantle et Rottnest Island

La baroudeuse tête en l'air que je suis se décide donc à prolonger son séjour à Perth.
Je tombe un peu de mon nuage quand je demande le jour pour le lendemain à étendre mon séjour et que la fille de la réception m'annonce que non, il n'y a pas de lits libres dans cette auberge pour la suite.

Je me retrouve donc vendredi matin, mes sacs sur le dos sans endroit pour dormir le soir. Sans stress, ni panique, j'écume les auberges. Il s'avère assez difficile de trouver et pour le soir même, et pour plusieurs jours d'affilée.
Je finis par trouver une auberge à l'air sympa où je peux enfin poser mes bagages pour quatre jours de plus.

Les jours suivants, je redécouvre le plaisir de prendre son temps. Je n'ai aucune contrainte, pas besoin de courir, juste flâner et apprécier le fait d'être posée quelque part...

Parmi les nombreux centres culturels qui parsèment la ville, je porte mon dévolu sur l'Art Gallery. Le nombre d'expositions en cours est impressionnant et le tout est en accès libre. Je choisis de me concentrer sur une partie seulement des expositions, il faudrait vraiment plusieurs jours pour tout apprécier...

Je visite notamment Year 12 Perspectives 2010, une expo qui présente des œuvres de jeunes artistes australiens sur ce qu'ils pensent et ressentent du monde actuel. Très intéressant.

Je consacre le reste de mon temps à déambuler dans la ville et à profiter des manifestations qui se tiennent dans les rues.




Dimanche.
Je prends le train jusqu'à Fremantle, Freo pour les intimes, ville voisine en bord de mer. Je l'ai traversé des dizaines de fois en van, mais cette fois j'y vais pour son market, ouvert uniquement le weekend. Son marché couvert est un régal pour les sens. Un bazar immense où tout se vend : des souvenirs, des fruits, des légumes, des produits locaux, de la nourriture, des fringues...



Des groupes jouent de la musique entre les allées et je m'arrête une bonne heure devant deux petits jeunes qui jouent Sunny Afternoon et reprennent de vieux classiques du rock.

Je passe une bonne partie de ma journée à faire le tour de ce marché, puis je m'éloigne en direction du port où je me cale pour manger un fish'n chips – à manger avec les doigts.

Sur le retour, je m'arrête à Karrakatta et son cimetière dans l'espoir de trouver la tombe de Heath Ledger - seul acteur dont j'ai réellement pleuré la mort.
Et finalement, ça tient du vrai pèlerinage. Le cimetière est immense et rien n'indique les tombes des défunts célèbres. Encore moins celle d'Heath Ledger dont les funérailles ont été gardées privées par la famille. J'arpente en long et en large le lieu mais impossible de s'y retrouver sans indication.
J'apprends plus tard qu'il faut dans un premier temps trouver les tombes de ses grands-parents, puis repérer un parterre de rosiers. C'est là que ses cendres auraient été dispersées. Je suis peut-être bien passée juste à côté sans le savoir et je trouve un peu triste qu'il n'y ait rien pour se recueillir...

Lundi.
Je prends le ferry pour Rottnest Island, une île à 17 km au large de Fremantle.
Et là, waouh ! C'est un mélange de  notre Corse, des Calanques et de Porquerolles. Les véhicules à moteur sont interdits, les vélos sont donc rois !

 J'ai un peu peur au début quand je vois tout ce monde débarquer et faire la queue pour tous louer des vélos, mais finalement la plupart s'arrêtent aux toutes premières plages.
Le grand tour de l'île fait un peu plus de 20km et je suis bien contente d'avoir rajouté quelques dollars pour avoir un vrai VTT avec vitesses.
Même si l'île est relativement plate, je croise d'autres cyclistes qui sont obligés de mettre pied à terre à chaque côte avec leurs bicyclettes sans vitesse.

Très vite, la route est à moi et plusieurs fois j'ai l'impression d'être seule sur l'île. Grand sentiment de liberté !

Je fais régulièrement des pauses où je vais arpenter les bords escarpés et découvrir des plages désertes et difficilement accessibles. Pour mon pique-nique, je dépasse les plages indiquées qui fourmillent de familles et je descends à pied, en crapahutant sur les rochers, pour trouver un coin à l'abri du soleil sur une plage absolument paradisiaque – pour moi toute seule.


Je croise sur mon chemin quelques quokkas, des petits marsupiaux pas vraiment sauvages qui ont donné malgré eux son nom à l'île !
Minute culturelle : quand le capitaine hollandais qui découvrit l'île, prit le quokka pour un gros rat, il décida d'appeler l'île ainsi : Rottnest, « nid à rats » en hollandais...


 
Moi, je trouve que ça ressemble plus à la marmotte, et on peut être heureux que je n'aie pas été explorateur au 17ème siècle, sinon elle aurait pu être baptisée Marmots Island quand on y pense...


C'est difficile d'imaginer que cette île sauvage a longtemps été un établissement pénitentiaire naturel, d'abord pour les prisonniers aborigènes, puis pour les ennemis pendants les deux guerres mondiales... Ce n'est que récemment qu'elle a été classée en réserve naturelle pour le grand plaisir des amoureux de la nature !



Pour plus de photos : Perth, Fremantle et Rottnest Island