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Premiers jours à Perth

En me retrouvant baroudeuse-piétonne du jour au lendemain, je pensais qu'il me faudrait un temps de transition, une pause pour m'habituer à ma nouvelle condition. Je pensais avoir des réflexes stupides comme me réveiller en me demandant où j'ai garé le van...

Et bien non. A croire que je suis dotée d'une certaine capacité d'adaptation, puisque je vis mon nouveau statut avec le même plaisir qu'au tout début de mon voyage – bon sang j'ai l'impression que ça fait des lustres !

S'il fallait titrer tout de suite mon nouveau chapitre, ça serait Pérégrinations urbaines. Se promener le nez en l'air, au hasard des rues, la map dans la poche et l'appareil photo prêt à être dégainé.

On pourrait croire qu'après tout ce temps dans le bush, loin des centres urbains et proche de la nature, j'aie du mal à mettre un pied en ville. Et je suis la première surprise : non, je ne suis pas devenue allergique aux grandes villes. A moins que ce soit Perth qui me séduise en particulier...

Perth. Isolée de tout, à plus de 3000 kms de la prochaine grande ville. Capitale du Western Australia. Grande ville donc, mais tellement agréable à parcourir. Aérée, animée, verte, culturelle...

Mercredi 2 mars.
Le premier jour, après avoir déposé mon sac à l'auberge, j'entreprends un tour de reconnaissance. Premier endroit à repérer : la bibliothèque, pour avoir accès à Internet.
Et là, chabadabada...
L'endroit est le cœur culturel de la ville. La library est superbe – oui, vous remarquerez que j'adore les bibliothèques – immense et lumineuse, réunissant en toute harmonie rangées d'ordinateurs et rayons de bouquins, coin lounge et expos photos... Et comme souvent ici, il y a des restos ou des cafés dans les bibliothèques et je trouve ce concept génial ! Dans celle-ci, il y a un petit café qui donne sur un plan d'eau. Je suis sous le charme ! C'est certain, ça va devenir mon QG !

Autour de la library s'élèvent l'Art Gallery, le Western Australia Museum, le Musée d'Art Moderne et le Pica (Art Contemporain). Pas loin se trouve le campus de l'Université. Entre deux bâtiments s'étend un verger où poussent de vrais légumes. De l'autre côté des sculptures abstraites s'élèvent entre deux plans d'eau.
Bref, ça bouillonne de culture et je me demande si une journée entière consacrée aux musées sera suffisante.

Je rejoins le centre-ville en passant par la gare centrale et je débouche sur une grande place, Forrest Place, entourée de boutiques et de cafés. Aux alentours, les ruelles commerçantes sont animées et les nombreuses échoppes sont de vraies tentations. De part et d'autres s'étendent des arcades, des rues couvertes et des food-court sans pour autant qu'on se sente oppressés.

Je marche un peu au hasard, appréciant le plaisir de me perdre volontairement et de suivre mes envies. Je jette de temps en temps un œil à la carte pour ne pas trop m'éloigner. J'ai encore mille choses à voir mais je commence à fatiguer et j'ai déjà marché beaucoup plus que ce que j'avais prévu.



Je retourne à mon QG - la bibliothèque, pour ceux qui ne suivent pas – et j'en profite pour faire l'expo photo qui s'y tient, une sélection des meilleurs clichés de presse élus cette année.

Alors que je pensais faire un rapide tour et passer l'après-midi à profiter du confort de l'auberge, je n'y rentre finalement que le soir pour passer une excellente première nuit dans mon lit douillet.

Jeudi 3 mars.
Je me rends tout naturellement au café de la library prendre mon petit dej' et cette fois je m'arme d'une carte et d'un itinéraire pour faire le tour de la ville.
 
Ici les gens – enfin les australiens des villes en tout cas – ne semblent pas prendre leur petit déjeuner chez eux. Ils prennent à emporter. Le fameux café Starbucks qu'on voit chez nous. Sauf qu'ici, tous les cafés le proposent. Le coffee to go – tea ou hot chocolate pour moi. Et franchement, même si je préfère souvent être attablée, c'est quand même bien pratique ! En tout cas, ils sont en train de me convertir !

En parcourant la cité, je me rends compte que ce qui me plait, ce sont les grands espaces verts au cœur même de la ville, les grands arbres entre deux maisons, et surtout la Swan River à deux pas du CBD. C'est ce qui m'avait plu à Melbourne, c'est le même coup de cœur ici !

Perth, la ville des superlatifs. En plus d'être la capitale la plus isolée au monde, c'est aussi – parait-il – la plus ensoleillée d'Australie. Et les 30 – 35° quotidiens ne sont pas là pour le démentir. Ce qui induit surtout que ma balade est ponctuée de stops aux points ombragés et/ou d'arrêts boissons fraiches (qui sont une tuerie, mais j'y reviendrai)

Je décide donc de m'arrêter sur mon parcours dans la Cathédrale Ste Mary, mais je tombe en plein office, avec une église pleine d'écoliers. Je reste un moment par curiosité, avant de repartir.

Je descends enfin vers la Swan River qui baigne la ville de Perth. De loin, j'aperçois la Swan Bell Tower de cuivre et de verre qui s'élève sur les embarcadères et quand je m'en approche, un concert de cloches et de carillons s'en échappe. La Swan Bell Tower, « plus grand instrument de musique » clame le panneau à la porte. J'y entre, mais il faut payer pour monter jusqu'aux cloches, puis payer pour avoir droit à une démonstration. Je me suffis de la tour vue de l'extérieur que je trouve déjà belle rien que par son architecture.

Je continue à me promener sur les rives de la Swan River où je croise des pélicans et des cygnes noirs. Puis je mets le cap vers King's Park qui surplombe la ville.

Ce qui est sympa à Perth, c'est que les bus du centre-ville sont gratuits. Je pourrai donc en user et en abuser – ce que je fais de temps en temps – mais pour rejoindre le parc depuis les berges, je prends la résolution de marcher. Je parcours donc les quelques (!) kilomètres qui m'en séparent à pied, sous un soleil de plomb. J'arrive à me perdre (pour de bon cette fois) et à ne pas trouver l'entrée. Je fais un détour involontaire en empruntant un chemin pentu et horriblement aride (la partie qui recréé la flore du bush, me dira plus tard le gars du centre des visiteurs, pas très agréable à arpenter en cette saison (tu m'étonnes...) – et j'arrive – en état de déshydratation – dans le superbe King's Park.

Avant de profiter des vues imprenables sur la ville, je me pose sous un des nombreux arbres pour faire une sieste pique-niquer - et me ré-hydrater.
Une fois remise de mes émotions et laisser passer le pic de chaleur de la journée, je me remets en marche pour embrasser les vues de Perth. King's Park domine complètement la ville et les panoramas valent le déplacement.


Je me procure une carte du parc et je me rends compte que c'est immense ! Un après-midi ne suffira pas pour tout arpenter et je préfère me concentrer sur une petite partie (qui est déjà à elle seule immense) : le Botanic Garden.


 Chaque état de l'Australie est recréé avec des spécimens d'arbres et d'arbustes de chaque région. Je retrouve avec amusement des arbres que j'ai aperçus dans le bush lors de notre road-trip, et je peux enfin mettre des noms dessus. J'apprends également que tous les arbres que je prenais pour de simples eucalyptus ont en fait des noms bien à eux – Tarri, Tingles, Marri, Yarri, Tuart, Jarrag – selon les régions et la faune qu'ils abritent. Plus loin, une passerelle de verre et d'acier permet de marcher au-dessus des arbres.

 
Depuis un lookout, je repère en contre-bas une maison bleue posée au milieu de l'eau et je me mets en tête d'aller la voir de plus près. Je réussis à nouveau à faire un détour de quelques kilomètres au milieu de la végétation aride pour enfin y arriver.

Je n'en saurai pas plus. Aucune indication. Juste qu'elle est posée là, tout jolie. 


Je lève les yeux au loin et vois le CBD de Perth avec ses grands buildings qui s'élèvent pour chatouiller le ciel. Il me reste plus qu'à rebrousser chemin en longeant la Swan River.

Quand je rejoins le centre ville, je ne rêve que d'une chose : une boisson fraiche ! Après avoir testé leurs excellents jus de fruits frais, je découvre une nouvelle tuerie : le vrai Thé Glacé à la demande. C'est une chaine asiat' qui propose ça : choisir son thé (Green Tea ou Black Tea) et sa saveur (mangue, pêche, lychee, kiwi et toute une liste de fruits plus ou moins exotiques) et paf ! On a son Thé Glacé au goût de son choix avec du vrai thé ! Bref, j'adore et j'aurai jamais le temps de tout tester...

Pour ma première vraie journée à déambuler dans les rues de Perth, c'est le gros coup de cœur ! Je pensais ne rester que 3 jours, mais j'ai bien envie de prolonger mes pérégrinations urbaines et rallonger mon séjour de quelques jours...


Pour plus de photos : Perth

Perth, Fremantle et Rottnest Island

La baroudeuse tête en l'air que je suis se décide donc à prolonger son séjour à Perth.
Je tombe un peu de mon nuage quand je demande le jour pour le lendemain à étendre mon séjour et que la fille de la réception m'annonce que non, il n'y a pas de lits libres dans cette auberge pour la suite.

Je me retrouve donc vendredi matin, mes sacs sur le dos sans endroit pour dormir le soir. Sans stress, ni panique, j'écume les auberges. Il s'avère assez difficile de trouver et pour le soir même, et pour plusieurs jours d'affilée.
Je finis par trouver une auberge à l'air sympa où je peux enfin poser mes bagages pour quatre jours de plus.

Les jours suivants, je redécouvre le plaisir de prendre son temps. Je n'ai aucune contrainte, pas besoin de courir, juste flâner et apprécier le fait d'être posée quelque part...

Parmi les nombreux centres culturels qui parsèment la ville, je porte mon dévolu sur l'Art Gallery. Le nombre d'expositions en cours est impressionnant et le tout est en accès libre. Je choisis de me concentrer sur une partie seulement des expositions, il faudrait vraiment plusieurs jours pour tout apprécier...

Je visite notamment Year 12 Perspectives 2010, une expo qui présente des œuvres de jeunes artistes australiens sur ce qu'ils pensent et ressentent du monde actuel. Très intéressant.

Je consacre le reste de mon temps à déambuler dans la ville et à profiter des manifestations qui se tiennent dans les rues.




Dimanche.
Je prends le train jusqu'à Fremantle, Freo pour les intimes, ville voisine en bord de mer. Je l'ai traversé des dizaines de fois en van, mais cette fois j'y vais pour son market, ouvert uniquement le weekend. Son marché couvert est un régal pour les sens. Un bazar immense où tout se vend : des souvenirs, des fruits, des légumes, des produits locaux, de la nourriture, des fringues...



Des groupes jouent de la musique entre les allées et je m'arrête une bonne heure devant deux petits jeunes qui jouent Sunny Afternoon et reprennent de vieux classiques du rock.

Je passe une bonne partie de ma journée à faire le tour de ce marché, puis je m'éloigne en direction du port où je me cale pour manger un fish'n chips – à manger avec les doigts.

Sur le retour, je m'arrête à Karrakatta et son cimetière dans l'espoir de trouver la tombe de Heath Ledger - seul acteur dont j'ai réellement pleuré la mort.
Et finalement, ça tient du vrai pèlerinage. Le cimetière est immense et rien n'indique les tombes des défunts célèbres. Encore moins celle d'Heath Ledger dont les funérailles ont été gardées privées par la famille. J'arpente en long et en large le lieu mais impossible de s'y retrouver sans indication.
J'apprends plus tard qu'il faut dans un premier temps trouver les tombes de ses grands-parents, puis repérer un parterre de rosiers. C'est là que ses cendres auraient été dispersées. Je suis peut-être bien passée juste à côté sans le savoir et je trouve un peu triste qu'il n'y ait rien pour se recueillir...

Lundi.
Je prends le ferry pour Rottnest Island, une île à 17 km au large de Fremantle.
Et là, waouh ! C'est un mélange de  notre Corse, des Calanques et de Porquerolles. Les véhicules à moteur sont interdits, les vélos sont donc rois !

 J'ai un peu peur au début quand je vois tout ce monde débarquer et faire la queue pour tous louer des vélos, mais finalement la plupart s'arrêtent aux toutes premières plages.
Le grand tour de l'île fait un peu plus de 20km et je suis bien contente d'avoir rajouté quelques dollars pour avoir un vrai VTT avec vitesses.
Même si l'île est relativement plate, je croise d'autres cyclistes qui sont obligés de mettre pied à terre à chaque côte avec leurs bicyclettes sans vitesse.

Très vite, la route est à moi et plusieurs fois j'ai l'impression d'être seule sur l'île. Grand sentiment de liberté !

Je fais régulièrement des pauses où je vais arpenter les bords escarpés et découvrir des plages désertes et difficilement accessibles. Pour mon pique-nique, je dépasse les plages indiquées qui fourmillent de familles et je descends à pied, en crapahutant sur les rochers, pour trouver un coin à l'abri du soleil sur une plage absolument paradisiaque – pour moi toute seule.


Je croise sur mon chemin quelques quokkas, des petits marsupiaux pas vraiment sauvages qui ont donné malgré eux son nom à l'île !
Minute culturelle : quand le capitaine hollandais qui découvrit l'île, prit le quokka pour un gros rat, il décida d'appeler l'île ainsi : Rottnest, « nid à rats » en hollandais...


 
Moi, je trouve que ça ressemble plus à la marmotte, et on peut être heureux que je n'aie pas été explorateur au 17ème siècle, sinon elle aurait pu être baptisée Marmots Island quand on y pense...


C'est difficile d'imaginer que cette île sauvage a longtemps été un établissement pénitentiaire naturel, d'abord pour les prisonniers aborigènes, puis pour les ennemis pendants les deux guerres mondiales... Ce n'est que récemment qu'elle a été classée en réserve naturelle pour le grand plaisir des amoureux de la nature !



Pour plus de photos : Perth, Fremantle et Rottnest Island

Perth - Adélaïde : à bord de l'Indian Pacific


Qui n'a jamais été tenté de voyager à bord de l'Orient Express ou du Transsibérien ?
Embarquer pour un voyage de plusieurs jours au fil des rails, une parenthèse intemporelle dans un monde où les minutes filent inexorablement, tic-tac, où les aiguilles tournent, insidieuses et oppressantes, comme si le temps était notre ennemi...

La plupart des Australiens – et sûrement la plupart des Occidentaux j'imagine - ne comprennent pas l'intérêt de passer deux jours entiers dans un train alors qu'il suffit de sauter dans un avion pour rejoindre la prochaine ville en quelques heures.

C'est bien simple entre Perth et Adélaïde, le voyageur a peu de choix. Il n'y a pas de cars qui relient ces deux villes. L'avion s'impose comme le moyen le plus simple et le plus rapide.
Les trains d'ici se rapprochent de nos RER, des métros à ciel ouvert qui desservent uniquement les banlieues et les villes voisines.

Les vrais trains sont rares et s'apparentent à des trains de légendes, empruntant les voies qu'avaient construits les colons au début du 20ème siècle, ces aventuriers des temps modernes, pour relier les différentes colonies isolées de ce grand pays pour en faire une fédération. Il n'y a que trois grandes lignes qui traversent le pays de part en part.

Le Ghan, du Nord au Sud, d'Adélaïde à Darwin, l'Overland qui rallie Melbourne à Adélaïde, et l'Indian Pacific qui, comme son nom l'indique, relie les deux océans et traverse le pays d'Ouest en Est.

Comme au temps des colons, il est le seul train à relier Perth l'isolée aux villes de la côté Est.
Et c'est à bord de celui-ci que j'embarque pour me laisser porter jusqu'à Adélaïde.



L'Indian Pacific, train de légende pour rêve de voyageur...

J'ai toujours aimé prendre le train. Entre l'inconfort des cars et le stress de l'avion, je trouve dans le train un moyen apaisant de voyager, de prendre son temps. Une bulle entre deux destinations, où l'esprit peut vagabonder par monts et par vaux des heures durant.

Balayez l'idée du train à grande vitesse pour traverser le continent, l'allure de l'Indian Pacific est en moyenne de 85 km/h... Deux jours et deux nuits pour relier Perth à Adélaïde. Un jour et une nuit de plus pour aller jusqu'à Sydney.

Et j'adore ça.

Déambuler entre les wagons. Faire de sa fenêtre un écran de cinéma où défilent des paysages typiquement australiens. Décors ponctués d'eucalyptus qui se transforment au fil du voyage en terre rouge et aride, en étendues désertes et inhabités jusqu'à la ligne d'horizon. Paysages que je peux contempler pendant des heures. Paysages dont je suis définitivement amoureuse. Et ce ciel, immense et magnifique, comme une toile offerte pour les plus beaux tableaux que l'on puisse voir de ce côté du monde.



La première nuit, une pause de 3h à Kalgoorlie. L'occasion de se dégourdir les jambes sur ses avenues désertes, pendant que certains voyageurs ont choisi le tour en car qui les amène voir la plus grande mine d'or à ciel ouvert d'Australie.

Au petit matin, dans le wagon de la classe économique les mines sont défaites et les traits froissés. Pas facile de trouver une position confortable sur son siège inclinable, et la nuit n'est pas très reposante.
On échange des banalités, on affiche un sourire, celui de ceux qui savent qu'ils partagent une expérience hors du commun.

Je prends mon petit-déjeuner avec en toile de fond la Plaine du Nullarbor, aride et infinie, nullus arbor, « sans arbre » en latin, les Aborigènes eux l'appelaient Oondiri, « sans eau ».


Deuxième et dernier arrêt à Cook pour se ravitailler en fuel et en eau. Avant, il y avait ici quelques habitants, une école et même un hôpital. Mais depuis la privatisation des chemins de fer en 1997, Cook est une ville fantôme. Le personnel était devenu inutile. Aujourd'hui, seule une boutique de souvenirs sur le quai créé l'animation au passage du train, 2 fois par semaine.
C'est le seul et unique arrêt dans le désert du Nullarbor, avant de reprendre la plus longue ligne droite de chemin de fer au monde avec ses 479kms.


Bientôt les plaines désertes relaissent place à des forêts denses d'eucalyptus sur lesquelles le soleil vient poser ses derniers rayons et faire flamboyer cette terre rouge que je ne reverrai certainement plus aux abords des villes que je m'apprête à rejoindre.

L'obscurité extérieure enveloppe le train et les voyageurs se préparent à passer une seconde nuit inconfortable mais pourtant privilégiée sur leur siège inclinable. Les dernières lumières s'éteignent dans l'Indian Pacific tandis que celui-ci continue sa route tranquille vers l'Est.

Demain matin je me réveillerai à Adélaïde.


Pour plus de photos : Indian Pacific